Clément-Noël Dominjon, champion du monde

Interview Nikola B

Clément-Noël Dominjon vient tout juste de remporter la première place au championnat du monde de wakeboard, catégorie junior, aux Philippines.

De retour à Lyon depuis quelques jours, il a bien voulu répondre aux questions de Bonze Report.

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A 19 ans, ce Bressan, né à Belley (01), a commencé à glisser sur les eaux du lac de Nantua (01), avant de « rider » sur le plan d’eau de La Rena, à Lent (01). Itinéraire d’une graine de champion made in Ain.

Clément-Noël, quand est-ce que tu es monté sur une planche de wake pour la première fois ?

La première fois que je suis monté sur une planche de wake, c’est grâce à quelqu’un de ma famille. Il est aujourd’hui décédé… Il tenait le club de ski nautique de Nantua. C’était derrière un bateau et je n’avais pas vraiment accroché. Par la suite, avec un de mes meilleurs amis, on s’est dit pourquoi ne pas faire du wake au lac de La Rena (Lent) ? C’était il y a quatre ans, en 2013… On s’est inscrit au début de la saison et on a bien accroché.

Tu avais déjà une expérience de glisse auparavant : du skate, du snow ?

Oui, j’ai commencé le snow à l’âge de 5 ans et le skate quand j’avais 10 ans.  J’ai beaucoup pratiqué ces deux disciplines, avant de découvrir le wakeboard et c’est vrai que ça m’a pas mal aidé au début.

Il y a deux disciplines dans le wakeboard : l’une consiste à être tiré par un câble et l’autre par un bateau. Toi, tu as choisi le câble. Pourquoi ?

C’est plus fun. Sur un téléski, on a des modules, ce qui nous permet de faire des figures. Avec l’antécédent que j’avais en skate et en snow, ça m’a tout de suite parlé. Très vite, je me suis amusé sans que cela ne me paraisse compliqué. Par ailleurs, c’est moins cher, car à la différence du bateau, on n’a pas d’essence à payer. Et enfin, on échappe aussi au bruit du moteur, au gaz d’échappement… C’est donc plus écolo !

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Tu as progressé vite alors ?

J’ai commencé la compétition durant ma deuxième saison. C’est assez rapide, mais j’ai pu le faire grâce aux bases que j’avais en snow. Jusqu’à présent, l’essentiel des compétitions sur lesquelles je m’étais engagées se déroulaient en France.

C’est un sport qui nécessite de bonnes qualités physiques. Tu as un entrainement particulier ?

Jusqu’à maintenant, je faisais du snow l’hiver, ce qui me préservait un peu. Avant cette année et mes dernières performances, je prenais ça comme un loisir, donc je n’avais d’entrainement particulier. J’allais à La Rena quand je voulais pour pratiquer et je faisais quelques footings. C’est vrai que depuis mon titre et mon retour des Philippines, je prends mon sport plus au sérieux. Cet hiver, j’ai donc décidé de faire une vraie préparation physique.

Tu es aujourd’hui champion du monde junior de ta discipline et pourtant tu n’es pas sélectionné en équipe de France… Comment est-ce possible ?

Aux Philippines, la compétition s’est déroulé sur deux fois un tour. J’étais bien cette fois-là et tout a marché pour moi. Parfois, on chute ou ça ne passe pas ! Maintenant, c’est vrai qu’il y a un bon niveau en France…

Mais la fédération ne t’a pas détectée ?

La fédération n’a jamais voulu m’accepter en équipe de France. Et c’est difficile, quand on n’est pas sélectionné, de s’aligner aux championnats d’Europe ou du Monde. Mais, j’espère que ça va venir et que mes derniers résultats vont permettre de me faire remarquer. C’est une question de temps, il faut que je sois patient.

Pourtant, tu as bien disputé les Championnats du monde aux Philippines. T’as pu t’inscrire sans faire partie d’une sélection ?

Oui parce qu’il y a deux fédérations. La WWA (World Wakeboard Association) et l’IWWF (International wakeboard world federation). La première est plus libre et la seconde plus classique. La première permet donc de s’affranchir de certaines autorisations. On, peut s’inscrire directement et tenter sa chance. Dans la seconde en revanche, il faut être sélectionné pour pouvoir participer aux sélections.

En partant aux Philippines, tu t’attendais à être champion du Monde ?

Non, pas du tout. Au mieux, je pensais faire un podium.

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Tu es en junior, mais c’est ta dernière année… L’année prochaine, tu changes de catégorie. Ca risque d’être plus dur pour toi ?

Au niveau français, ça devrait, au contraire, être plus facile pour moi. Mais à l’international, ça va se compliquer.

Le retour en France, c’est compliqué ? Tu viens de réaliser une très belle performance. Mais ton sport est peu médiatisé…

Oui, j’y pense beaucoup. Je me pose un tas de questions. Est-ce qu’il faut que je m’engage à 100 % et que je mette mes études entre parenthèse ? Ou, au contraire, est-ce qu’il faut que je poursuive et que je garde le wake comme un loisirs… Ce n’est pas simple, car après il faut en vivre.

Il y a des contrats publicitaires, le sponsoring… Tu es aidé, soutenu ?

C’est vrai que les pros vivent quasiment de leurs contrats publicitaires. Moi, j’ai deux contrats sur cette saison, avec une société qui gère les câbles et avec une marque de planches.

Et localement… le Département par exemple te soutient ?

Pas pour l’instant, mais ce serait super ! Là, je suis parti grâce à mes parents qui m’ont aidé pour le voyage et les inscriptions.

Tu as pensé au crowndfunding. La plateforme Fosburit est dédié au financement de projets sportifs…

Non pas vraiment… Mais je vais regarder.

 

 

 

 

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