Charly Chapelet vous invite à Pipeline

Interview Nikola B.
CHARLY VA RE-RIDER PIPELINE en petit comité. Un rêve qu’il va vivre les yeux bien ouverts… Ce sera du 21 février au 4 mars 2016,  avec le top 36 mondial 2015, le top 16 Hawaiien 2015, 24 freeriders invités et 8 qualifiés par les trials. A quelques jours du départ, le bodyboarder était euphorique. Il faut dire que l’histoire est belle, puisque c’est grâce à un crawfouding que Charly a pu rejoindre l’aventure.
Pour Bonze Report, il a bien voulu faire un stop dans ses préparatifs. Le temps répondre à nos questions, la valise ouverte… J’espère que vous apprécierez le personnage.
Capture
Charly, peux-tu te présenter en quelques lignes à nos lecteurs ?
Je m’appelle Charly Chapelet, né à Bordeaux en 1984 et arrivé à La Réunion en 1990. Je suis passionné de bodyboard et de vidéo (prises de vue/montage). Je fais aussi un peu de moto (vitesse), de batterie et de la course à pied (trail).
Comment est née ta rencontre avec le body ?
Quand j’ai commencé le surf, à La Réunion, il était commun de s’échanger les planches entre riders pour s’amuser. C’est une des raisons pour lesquels les riders Réunionnais sont assez polyvalents dans l’eau… Ma mère avait aussi un BZ ProFlyer que je lui empruntais de temps en temps pour rider certains jours.
Oui, mais pourquoi le body plutôt que le surf ou le surf ?
Pour moi, le tournant s’est opéré quand j’ai découvert le spot du 3e Pic, derrière la digue du port de Saint-Gilles-les-Bains. C’est là et avec un groupe de camarade, dont mon meilleur ami Yann Legall faisait partie, que j’ai compris ce qu’était le bodyboard. Des vagues creuses, rapides et sélectives qui entretiennent une ambiance toujours bonne et développent un esprit de fraternité entre riders.
Peux-tu nous expliquer ta relation à l’océan ?
Grâce à mes parents et leur cercle d’amis, j’ai toujours été au contact de l’océan. Cette relation est donc née naturellement et à pris de l’ampleur à La Réunion au fil des rencontres.
L’océan est en perpétuel changement. C’est un espace de liberté ou l’improvisation est reine. Seul le temps qu’on y passe et l’expérience qu’on y acquiert permettent de mieux l’appréhender. C’est selon moi quelque chose de très sain qui inculque des valeurs qui me sont chères, tels que l’engagement, la patience, le respect et surtout l’humilité. Aujourd’hui, j’ai un réel besoin d’être en contact avec l’océan régulièrement pour me sentir bien et à ma place.
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© RF Fotography
Tu es arrivé à La Réunion à l’âge de 6 ans. Aujourd’hui, tu vis toujours sur l’île ?
Oui. Contrairement à pas mal de personne, je n’ai jamais ressenti le besoin d’aller vivre ailleurs. Je me suis toujours senti bien ici, même si j’adore voyager et découvrir d’autres cultures. Mon coeur est à La Réunion.
Quel est ton spot quotidien ?
La passe de l’Hermitage ou le 3e Pic derrière la digue, mais je me sens chez moi sur la plupart des spots de l’île.
Pour toi, la vague ultime, c’est quoi ?
Je pourrais dire un mix entre L’Hermit, Pipeline, Nuggan, Flopos, El Fronton, la Pointe, Le Doublé, les Archets et Sapinus, mais non….
Il n’y a pas de vague ultime selon moi. Chaque bon spot a son charme au delà de ça, l’environnement et le chemin pour atteindre chacun des spots a tout autant d’importance que la vague elle même.
Tu peux nous dire un mot sur ta board ?
Elle est en mousse…(lol)
En fait, j’ai plusieurs boards sur lesquelles je tourne mais qui ont des caractéristiques assez proches. Il s’agit de boards en PP (ancien Polypropylène avant 2011) de tailles allant de 40′ à 40’75 pour le prone. J’ai aussi une 42′ pour le Drop Knee.
J’ai aussi plusieurs stringers (renfort tubulaire en carbone) que j’ai coupé à des tailles différentes pour obtenir le comportement souhaité suivant les conditions (tailles des vagues, puissance, température de l’eau,…)
Pipeline Contest 2013-197-2
© Souf Photography
Tu as un palmarès conséquent… Un petit point pour éclairer nos lecteurs 
Alors voyons voir…
1997 : Champion de la Réunion et 3e aux Championnats de France
1998 : Champion de la Réunion et Champion de France
2007 : 4e IBA Sopelana Pro et 33e IBA WorldTour (Rookie of the year)
2008 : 41e IBA World Tour
2011 : 5e IBA Arica Chilean Challenge et 39e IBA World Tour
2012 : 13e IBA Pipeline Challenge/ Meilleure vague et meilleur total de la compétition
2013 : IBA Pipeline Challenge : meilleure vague et meilleur total de la compétition
 
Pour parvenir à de tels résultats, tu as du faire des sacrifices ?
Des sacrifices, je n’irai pas jusque là mais effectivement pour pouvoir vivre la vie que j’ai vécue jusque-là, il faut accepter de s’investir à 100%. Ca sous-entend vivre au jour le jour, car c’est un fait, hormis pour une poignée de riders, le bodyboard en tant que sportif ne permet pas de vivre. Il peut, dans le meilleur des cas permettre de survivre à condition d’accepter ce lifestyle.
Je pense que c’est important d’intégrer ça le plus tôt possible. Après, je pars du principe que tout travaille fait avec le coeur paye à un moment donné, d’une façon ou d’une autre.
Tu as vu pas mal de pays, quel est ton meilleur souvenir de voyage ?
Chaque voyage est unique mais celui qui m’a le plus marqué est le premier hiver que j’ai passé en Australie avec Amaury Lavernhe et Laury Grenier en 2007.
On a passé 2 mois dans un campervan à sillonner la South Coast du New South Wales et rider des vagues plus hallucinantes les unes que les autres dans un climat hivernal (l’hiver le plus froid en 30ans).
Tu peux nous parler de Pipeline ; je crois que c’est pour toi un endroit vraiment particulier ?
Oui, ce spot est chargé d’histoire, l’ambiance y est très particulière,… électrique. C’est le spot le plus convoité de la planète donc forcément, ça crée des tensions. 
En dehors de ça, c’est vraiment unique de se retrouver avec les meilleurs de chaque discipline au même endroit. C’est une expérience à vivre.
Personnellement, c’est un spot ou j’ai réalisé plusieurs de mes rêves de marmaille :
– rider Pipeline,
– rider Pipeline parfait entre camarades (PLC et Amaury),
– obtenir un 10pts sur un barrel
– battre la Légende de notre sport Mike Stewart sur ces terres comme l’avais déjà fait Brice Bornarel.
Pipeline shadbolt
© Luke Shadbolt
En ce moment, tu es dans une phase de reconversion professionnelles, tu nous expliques…
A un moment donné, j’ai ressenti le besoin de passer plus de temps à La Réunion avec ma famille, mes amis proches et surtout ma compagne Laura.
Je suis toujours parti du principe que si on fait ce qu’il nous plaît et qu’on y met tout son coeur pour bien le faire, il n’y a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas. C’est ainsi que j’ai décidé de monter mon entreprise de réalisation de films.
Malgré ça, tu viens de lancer un crowfounding sur Fosburit pour repartir à Hawaï. C’est l’appel de la vague ?
On peut dire ça oui.
Chaque année, quand la saison hawaiienne commence, j’ai ce pincement au coeur qui me dit que je devrais y être.
Je n’avais pas prévu d’aller à Hawaii cette année, car aucun contest n’était annoncé, tout comme l’année précédente.
Finalement, Mike Stewart a pris les choses en main et a mis en place une compétition regroupant l’élite mondiale et hawaiienne 2015, plus une liste de freeriders invités.
Lorsque j’ai reçu mon invitation vers le 15 janvier, je me suis dis qu’il fallait tout faire pour l’honorer, mais je n’étais pas sûr de pouvoir couvrir toutes les dépenses que cela impliquait.
J’ai donc mis en place ce crowdfunding pour m’aider un peu et j’avoue avoir été dépassé et extrêmement touché par tout le soutien que j’ai reçu en très peu de temps. En quelques jours, j’avais de quoi financer mon billet d’avion, c’était incroyable !
Ca me donne une motivation supplémentaire pour faire de mon mieux et essayer de partager cette expérience.
 
Quel objectif t’es-tu fixé à Hawaï ?
Prendre les meilleures vagues qui se présenterons dans mes séries.
Racontes-nous, comment tu prépares ce départ ?
J’ai beaucoup travaillé car j’ai du achever le boulot d’un mois entier en 2 semaines.
En dehors de ça, on a pas eu trop de vagues ces derniers temps donc j’ai beaucoup bossé mon physique en course à pied et renforcement musculaire général.
Et une fois sur place, ce sera quoi ton quotidien ?
Tout dépendra des conditions mais la journée type en dehors de la compétition sera un surf à l’aube qui durera la matinée pour essayer d’avoir quelques bonnes vagues, un bon repas le midi, petite sieste, si besoin et suivant les conditions, un deuxième surf dans l’après-midi, jusqu’au coucher de soleil. Sinon, les autres options sont la course à pied et le tennis, en fin d’après-midi, histoire de rester en cannes.
J’espère pouvoir aussi faire quelques bonnes images certains jours.
Comment nos lecteurs peuvent te suivre ou communiquer avec toi ?
Ils peuvent me suivent sur : facebook ; instagram et bientôt je l’espère sur mon site internet  : www.charlychapelet.com
Et pour ceux qui veulent découvrir ton travail photographique ou documentaire ?
Très bientôt sur www.charlychapelet.com
Bonze Report est très attaché aux valeurs environnementales. T’es sensible à l’état des océans ?
Bien évidemment, comme tout amoureux de cet élément, je pense.
Quel est ton témoignage. Tu constates une plus grande pollution des eaux et des plages ?
Honnêtement, mis à part à La Réunion où j’ai vraiment pu sentir l’impact du développement humain sur la qualité de l’eau, je n’ai pas assez d’expérience pour en parler.
Tu t’engages dans des associations, ONG… ?
Non, car je pense que le meilleur moyen de lutter contre la pollution, à l’échelle de l’individu est d’avoir un comportement respectueux envers notre planète que ça soit dans ou en dehors de l’eau. Si chacun avait conscience de son impact sur l’environnement et faisait en sorte de le limiter, ça serait déjà une grande avancée.
Ca passe par des actions simples, comme supporter l’économie locale et les producteurs locaux. En faisant ça, on limite les emballages et les transports tout en sachant à qui on donne son argent.

Quand l’occasion se présente, j’essaie de glisser quelques mots pour inciter les personnes à tendre vers ce mode de vie.

Charly, merci. Bonze Report est un petit nouveau dans le paysage médiatique et nous aussi essayons de nous améliorer. Qu’est-ce qui pour toi serait super d’avoir sur notre site ?
Je ne suis pas expert en la matière… mais ça me semble déjà très bien.
Un dernier mot ?
Encore un immense MERCI à tous ceux qui auront contribué de près ou de loin à ce trip à Hawaii. Merci à toi pour cette interview et l’intérêt porté à mon projet.
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