La belle aventure de Nicolas Leroy

Interview Nikola B.

NÉ EN NORMANDIE, NICOLAS LEROY a grandi et fait ses premiers take off sur une planche de surf en Bretagne. Aujourd’hui, installé à Hossegor, il est le media manager pour l’Europe de la World Surf League, ex-ASP. Tapis dans l’ombre des stars du surf, c’est lui qui habituellement dirige les interviews… Mais pour BonzeReport, il a accepté de passer de l’autre côté du micro.

Nico Leroy

De retour de Peniche (Portugal), avec un bon rhume, Nicolas Leroy ne se pas mis à l’eau depuis quelques jours. L’occasion idéale de lui prendre une bonne heure de son temps et de le faire parler de lui, du surf, du circuit pro, de l’environnement…

 

 

Salut Nico. Raconte-nous tes premiers pas sur une planche. C’était en Bretagne ?
Oui. Je passais le week-end chez les parents de mon meilleur pote. Lui surfait déjà. Il m’a proposé d’essayer. Ca m’a tout de suite plu. D’ailleurs, j’ai eu du mal à m’arrêter…

 

Tu pratiquais d’autres sports à l’époque ?
A la base, je faisais du badminton. J’ai pratiqué pendant une vingtaine d’années en compétition et à haut niveau. A la fin de mon année de licence, j’ai complètement arrêté. Entre le gymnase et la plage, j’ai vite choisi (rire).

 

T’étudiais quelle matière à la fac ?
J’ai fait une fac de sport à Rennes. Mais au bout de trois ans, j’ai pris une année de break. Avec un pote, on est parti en Australie… L’idée nous est venue du film « Sprout », un film de longboard tourné en partie là-bas. Quand on a vu la vague présentée dans le film, on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on y aille. C’est comme ça que nous sommes partis en Australie. Et c’est là que j’ai progressé le plus… Je me suis découvert une passion pour le surf.

 

Et après cette année sabbatique en terres lointaines, tu es rentré à Rennes ?
Oui, il fallait que je reprenne mes études. Mais je m’interrogeais pas mal pour savoir dans quelle direction m’orienter. Un ami venait de terminer une première année dans un master à Troyes. Ca avait l’air bien… Je me suis donc inscrit à ce master de Management et ingénierie des événements sportifs, logistiques et sécurité. C’est par ce biais que je suis arrivé dans le monde du surf pro.

 

Ah bon, comment ça ?
Au moment de chercher un stage de fin d’étude, j’ai postulé à l’ASP en Amérique du Nord (Californie). La personne m’a redirigée vers les bureaux en France et c’est comme ça que j’ai débuté. On était en 2009. J’ai fait un stage « Logistique » de sept mois. Je gérais les déplacements de tout le staff de l’ASP Europe pendant la saison. Ce n’était pas super passionnant, mais grâce à ce stage, j’ai mis un pied dans le milieu. Et puis j’ai continué, en effectuant un ou deux CDD avec eux à la fin de mon stage, parce qu’ils avaient besoin d’aides ponctuelles sur les compet’. Je faisais « Tour manager », c’est celui qui s’occupe du côté sportif (résultats…)

 

C’est à partir de là que tu t’es installé dans les Landes ?
Pas exactement… Lors de mon premier stage, j’ai croisé le mari de la directrice de l’ASP Europe qui était le directeur de l’ASP international (Australie). J’ai sympathisé et il m’a proposé de partir trois mois en Australie pour bosser avec lui. Je suis donc reparti trois mois, durant les compet’ de Snapper et de Bells. J’ai rencontré pas mal de monde à cette occasion… Entre temps, la directrice Europe avait quitté l’ASP et s’était installée à son compte, pour monter le premier Swatch girls pro à Hossegor. Elle était seule et avait besoin d’un coup de main. Après mon stage, je suis rentré et je l’ai aidé. En 2010, on organisait le premier Swatch girls pro à Seignose.

 

Cette fois, ta carrière était lancée. Tu avais fait ton trou…
Pas vraiment, puisqu’après le Swatch girls pro, tout s’est arrêté. Il n’y avait plus de compétition à organiser et l’ASP n’avait pas de besoin particulier. Du coup, j’ai bossé à droite à gauche, en intérim. Avec les petits boulots, j’avais du temps… J’ai surfais quasiment tous les jours.

Lineup aux Açores


Et l’ASP a fini par te rappeler ?
En août 2011, un an après, l’ASP Europe m’a effectivement rappelée, car le directeur s’en allait et un poste de media manager se créait. Il me connaissait et savait comment je travaillais, alors ils me l’ont proposé. Evidemment, j’ai accepté. Ils m’ont formé rapidement à écrire des communiqués de presse et à gérer la relation média. Ça a commencé par un CDD de deux mois pour finir la saison 2011. J’ai ensuite été embauché en 2012 à ce poste. Et depuis, la belle histoire continue.

 

 

Tu as l’air content de vivre à Hossegor. Dans aucune interview, tu ne dis que la Bretagne te manque…
La Bretagne ne me manque pas tant que ça. J’y retourne pour voir ma famille et mes amis, mais je me suis fait au climat. Je ne suis pas hyper fan de l’eau froide. Au début, je ne m’en rendais pas compte, car je ne connaissais que ça. Mais en m’installant dans le Sud-Ouest, j’ai compris. Et maintenant, quand je pars en vacances, c’est plutôt vers des destinations chaudes que vers des destinations froides.

 

Quel est ton regard sur le surf breton ?
Le niveau est bon et les vagues peuvent être excellentes. D’ailleurs, il y en a pas mal qui s’illustrent en compétition, preuve que c’est un endroit où l’on peut apprendre à surfer, progresser et arriver à un très bon niveau. Il y a quelques surfeurs bretons qui sont régulièrement en compétition dans notre surf tour pro junior et qui sont excellents. Il y a vraiment le potentiel pour devenir un  bon surfeur en Bretagne.

 

Tu peux nous présenter ton spot quotidien ?
Mon spot quotidien, c’est Cap Breton, « La Piste ». D’abord parce que c’est le spot le plus près de chez moi. J’ai habité dans sept ou huit appartements différents depuis que je suis dans le coin et à chaque fois, j’allais surfer au plus près. Du coup, j’ai surfé pas mal de vagues différentes. Mais « La Piste », c’est celle où je m’amuse le plus. C’est un bon mixte entre les beach break du Nord qui sont des vagues moins puissantes et plus longues et les vagues comme « La Gravière », où je ne mets pas les pieds car je n’ai pas le bagage technique.

« La Piste », c’est une vague assez longue, creuse et qui reste accessible en deçà d’une certaine taille. C’est là où je vais quasiment tous les matins…

Nico Leroy 2

 

 

Quel type de planche tu utilises ?
Ma planche ? (rire) C’est un mystère… Je suis en pleine phase de transition. J’ai fait beaucoup de longboard quand j’étais jeune. Ensuite, j’ai fait que du shortboard et je cherchais à avoir vraiment une planche plus performante. En ce moment, je surfe pas mal avec des planches rétro, un fishe par exemple. Et là je viens d’acheter une planche qui est un mixte entre un shortboard et une planche plus large…

Capture d’écran 2016-01-17 à 11.46.34

 

Tu travailles dans le milieu de la compétition. Certains free surfeurs s’en éloignent et opposent le côté art de vivre du surf et le côté sportif. Qu’en penses-tu ?
Je suis assez ouvert d’esprit. Je bosse dans la compet’, mais ma pratique personnelle n’est pas orientée vers la compétition. Je n’en ai jamais fait et je n’en ferai jamais. En même temps, je conçois les deux approches. Le surf a dû démarrer comme un art, une pratique du dépassement de soi. Et ensuite, comme dans tous les sports, il y a des gens qui ont eu envie de faire mieux que les autres. Améliorer ses performances et se mesurer à l’autre, c’est aussi un état d’esprit qui parle au sportif que j’ai été.

 

Tu peux nous parler de ton travail au quotidien à la World surf league ?
Mon job est d’assurer le développement et la promotion du surf de compétition. Au jour le jour, ça se traduit par la création de contenus (articles et communiqués de presse). J’accompagne aussi les gens qui produisent des photos et des vidéos. Ensuite, il y a une partie du travail qui liée à l’animation des réseaux sociaux. Dans ce secteur, je m’occupe des QS seniors, juniors et longboard. Et enfin, j’essaie de faire le lien entre la presse et les surfeurs en général.

On gère également tout le tour européen (QS junior et longboard). Ca fait une quinzaine d’épreuves à travers l’Angleterre, la France, l’Espagne, le Portugal et les îles Canaries et Açores. Je me déplace donc sur toutes ces compétitions. Pendant le mois d’octobre, quand il y a le Quick Pro en France et Peniche au Portugal, mes homologues américains viennent de Californie et là je les assiste.

 

 

La presse s’intéresse-t-elle de plus en plus au surf ?
La presse s’intéresse de plus en plus au surf et c’est facile aujourd’hui de montrer des images de surf à la télévision. On est désormais considéré comme un sport et c’est une bonne chose.

Podium du Cascais Billabong Pro

 

Quel genre d’images fonctionne ?
Tout ce qui est  impressionnant. On va avoir du mal à diffuser une compétition dans des vagues de 80 cm par exemple. Par contre quand on a des vagues incroyables, les gens en sont très friands. Le deuxième aspect, c’est l’attrait qui augmente chez les marques. J’hallucine tous les jours quand je regarde la télé et que je vois des images de surf pour des produits éloignés du sport.

 

En venant vers le surf, les annonceurs cherchent-ils à toucher un public jeune ?
Certainement. Mais pas seulement… Ce qu’ils veulent, c’est s’associer aux valeurs de dépassement de soi, de respect de la nature.

 

La planète surfe est principalement anglophone. Les médias français ont-ils une place ?
Les médias français s’adressent à une cible moindre que leurs adversaires, mais il y a une carte à jouer. On a beaucoup de surfeurs en France, beaucoup de vagues et beaucoup d’événements. Je pense qu’il y a donc une place à prendre.

 

Tu voyages beaucoup… Tu es donc un témoin privilégié de l’état de la planète. Le respect de l’environnement, c’est une valeur forte pour toi ?
Oui. Je suis quelqu’un qui se demande ce que chacun peut faire de son côté pour améliorer les choses au quotidien. Perso, j’essaie de moins prendre ma voiture, de moins gaspiller l’eau, de ne pas jeter…

J’ai l’impression que dans le monde du surf, on s’attache à prendre soin de l’environnement dans lequel on évolue. Il y a plein de gens qui s’activent et qui se bougent pour faire évoluer les choses.

 

Bon assez parler surf. T’as d’autres passions ?
Je fais beaucoup de snowboard l’hiver et du bricolage… En ce moment, je suis en train de retaper une vieille maison que je viens d’acheter (rire).

 

http://www.worldsurfleague.com/

 

 

 

 

 

 

 

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